C'est sans doute vers 7 000 avant Jésus-Christ, à peu près en même temps que sont élaborées les toutes premières formes de pain, que les hommes commencent, en Occident et en Orient, à consommer des crêpes ou des galettes. Les hommes de tous les continents connaissent ainsi depuis fort longtemps les galettes - ou crêpes - à base de blé, de maïs, de riz, ou de farines élaborées à partir d'autres céréales.

La crêpe au sarrasin n'apparaît pas dans nos contrées avant le XIIe siècle : c'est à cette époque en effet que les Croisés rapportent le sarrasin du Moyen Orient ; la culture du sarrasin prospère ensuite sur les landes de Bretagne, pour le plus bel avenir de la crêpe... C'est en effet à peu près un siècle plus tard que la farine de sarrasin est utilisée pour confectionner des galettes. Dans les campagnes, celles-ci font office de pain ; les citadins consomment plutôt des galettes de froment. Les crêpes ou galettes font partie de la culture populaire la plus profonde du terroir breton. Ainsi, elles sont liées aux demandes en mariage: la mère de la jeune fille les servait si la demande du prétendant était acceptée, pour signifier l'accord de la famille...Aujoud'hui, la coutume demeure d'offrir des crêpes au cidre doux pour remercier de l'aide qu'on a reçue dans la fabrication du cidre.

Crêpes et galettes étaient à l'origine réparties géographiquement de façon assez distincte : la galette de sarrasin était sans doute surtout consommée et cuisinée dans la région de Haute-Bretagne. On la cuisait à la poêle, sur un seul côté. Les cuisinières avaient l'habitude de la découper en morceaux et de l'incorporer dans les soupes ou d'autres plats qui tenaient ainsi bien au corps... On la servait également en la garnissant de saucisses, de pâté, d'oeufs, de poissons ou d'autres produits propres à la région.

La crêpe de sarrasin, elle était plutôt consommée en Basse-Bretagne. Elle diffère de la précédente en ceci que, plus croustillante, elle demandait qu'on travaille la pâte au poing ; on la cuisait des deux côtés, notamment sur des pierres ou "biligs" en fonte.

A l'origine, la pâte était assez austère ; elle se composait simplement de farine, d'eau, de sel et parfois de cidre ; aujourd'hui, la fabrication des crêpes est plus riche et plus gourmande : on utilise aussi des oeufs, du lait, du beurre ainsi qu'un peu de farine de froment, qui permet d'obtenir une texture et une saveur plus fines.
Ce sont aujourd'hui encore les crêpes de sarrasin que l'on consomme le plus fréquemment avec des garnitures salées (en particulier oeufs, jambon, fromages, fruits de mer, etc...). Mais le sarrasin n'est pas réservé au goût salé : n'oubliez pas qu'une galette de sarrasin agrémentée de beurre et de sucre est vraiment délicieuse !

C'est au début du XXe siècle, quand la farine blanche se démocratise et cesse d'être un produit de grand luxe, que la réalisation des crêpes à base de froment se développe. Par rapport aux crêpes de sarrasin, elles ont plus de souplesse, du fait de leur composition comprenant lait, oeufs et beurre. Elles sont plus appréciées des enfants et des gourmands. On peut tout à fait leur donner un goût plus vif en intégrant dans la pâte un peu de farine de sarrasin. Comme on le sait, les garnitures classiques (sucre, miel, confitures, chocolat fondu, mais aussi fruits - frais ou en compote) se déclinent à l'infini en fonction de votre créativité. Pour servir par exemple en collation ou à l'apéritif, en les agrémentant, comme on le fait pour les blinis, de fromages doux, de crème, d'oeufs de lump ou de filet de hareng et d'anguille fumée.
Quels sont les ustensiles traditionnels utilisés pour préparer les crêpes et les galettes ? Il faut d'abord une terrine où confectionner et battre la pâte ; elle était à l'origine en grès. On a bien sûr recours ensuite, pour la cuisson, à une "galétoire" ; celle-ci en fonction des lieux et terroirs, se nomme également pierre, tuile, bilig, ou encore galetière. C'est une plaque ronde de grande dimension, faite de tôle ou encore en fonte, où l'on étale la pâte. On la graisse en utilisant de l'huile d'arachide ou de colza, ou du lard. Puis, pour étaler la pâte de façon régulière, on utilise un rouable, ou rezelle, c'est-à-dire une raclette en bois. N'oublions pas la tournette, nommée aussi latte, spatule ou "viroué" ; elle est utilisé pour décoller convenablement les crêpes de la plaque de cuisson et les retourner facilement. Enfin, la conservation des crêpes se fait grâce à une "huèche", cette claie arrondie en bois, recouverte d'un torchon qui absorbera la vapeur de cuisson se dégageant des crêpes.

C'est à peu près au XVe siècle qu'apparaissent dans notre pays les premières galétoires en fonte. On voit alors d'accortes "crépières" prendre place sur les marchés, munies de ces galétoires et de fourneaux portatifs. Les clients consomment debout ces crêpes confectionnées devant eux. Ils peuvent demander que les crêpes soient garnies de divers aliments qu'ils fournissent eux-mêmes : pâtés, oeufs, lard que la crêpière fait cuire pour eux. Les crêpières étaient aussi employées dans le cadre de grands repas privés, à l'occasion de mariages par exemple, et c'est dans ce cadre qu'elles développèrent l'art de la crêpe sucrée (pour les desserts), puis remplacèrent progressivement le sarrasin par le froment.

Aujourd'hui, nous dégustons les crêpes confortablement installées dans de coquettes crêperies, sans avoir besoin d'apporter nos garnitures.

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